Depuis plusieurs années, les études scientifiques ont largement démontré les bénéfices du sport (et plus largement de l’activité physique) sur la santé :  l’activité physique est largement recommandée dans le cadre de la prévention (pour rester en bonne santé), mais également dans la prise en charge de certaines pathologies telles que les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète ou l’obésité. Aujourd’hui, le médecin peut prescrire la pratique d’une activité physique (décret du 01/03/17) à son patient atteint d’une affection longue durée (ALD). Attention, il ne s’agit pas de se lancer à corps perdu dans une pratique sportive de compétition ! On parle avant tout d’activité physique au sens large, plutôt que de sport. Des activités physiques adaptées sont donc proposées par les structures sportives : elles peuvent regrouper des personnes porteuses de la même pathologie (par exemple, de l’aquagym pour les femmes en traitement d’un cancer du sein), ou être composée de groupe mixte (groupe de marche mêlant personnes en bonne santé et personnes en ALD). Elles sont toujours encadrées par des personnes formées spécifiquement, la loi de santé prévoyant les métiers qui autorisent à animer ces séances d’activités physiques adaptées. Des échanges sont prévus entre le médecin et la structure sportive, pour que le médecin puisse suivre le déroulement de l’activité physique et en évaluer les bénéfices sur la santé de son patient.

La région Bretagne, à travers le plan Sport Santé Bien Être en Bretagne (SSBE), a largement anticipé le décret d’application de cette nouvelle loi du “sport sur ordonnance”, et la possibilité offerte aux médecins de prescrire une activité physique. Depuis 3 ans, l’Agence Régionale de Santé (ARS) Bretagne a mis en place, conjointement avec la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS), la charte Sport Santé Bien-Être (SSBE). Cette charte s’adresse aux structures qui développent le sport santé en proposant des activités physiques adaptées, et peuvent donc recevoir des patients à qui le médecin a prescrit du “sport sur ordonnance”.

En page « Info utiles », sous la rubrique « Activités », vous pourrez trouver les activités physiques adaptées proposées sur le territoire. Les associations signataires de la charte Sport Santé Bien être y sont identifiées via le logo ARS.

logo ars

L’activité physique est un allié indispensable dans la lutte contre le cancer.

sport bonhommeDepuis quelques années, le Réseau Onc’Oriant propose un programme d’Activité Physique Adaptée et Nutrition.

La finalité du projet est de permettre au sujet malade de redevenir acteur de sa dynamique de vie en renforçant son autonomie et en mettant en avant ses ressources physiques et psychiques.

Le programme se formalise par la participation de patients volontaires (sur prescription médicale) à un atelier collectif d’Activité Physique Adaptée (APA) (encadrés par un Educateur Médico Sportif (EMS) ayant bénéficié d’une formation complémentaire sur la maladie chronique et sur l’éducation thérapeutique) et d’accompagnement thérapeutique. Un suivi nutritionnel individuel fait partie intégrante du programme et est assuré par la Diététicienne du Réseau Onc’Oriant, afin de donner aux patients les moyens d’ajuster leurs besoins nutritionnels. Ce dispositif s’intègre dans le Plan Personnalisé de Santé de chaque patient.

166 personnes ont pu bénéficié de cette activité depuis 2012.

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Bienfaits de la pratique sportive pendant les traitements, dans le milieu des années 2000

De nombreux essais scientifiques montrent que la pratique d’une activité physique respectant les critères d’intensité, de régularité et de fréquence, et encadrée par des professionnels formés  :

  • réduit significativement la fatigue,
  • améliore la qualité de vie pendant les traitements,
  • diminue les effets secondaires et atténue la toxicité des traitements,
  • augmente le taux de survie.

Bienfaits de la pratique sportive pendant la période de rémission

Des cohortes et des études prospectives effectuées sur un grand nombre de patients et sur les trois principaux cancers du sein, du côlon et de la prostate montrent que la pratique régulière d’une activité physique :

  • diminue le risque de récidive à 50 %,
  • contribue à lutter contre la fatigue,
  • facilite le retour à la vie sociale, familiale et professionnelle,

Bienfaits psychologiques de la pratique physique et sportive

Quel que soit le moment où elle est pratiquée, pendant les traitements ou après, cette pratique entraîne de nombreux effets psychologiques positifs :

  • réappropriation du schéma corporel,
  • réconciliation avec son corps,
  • confiance retrouvée,
  • meilleure estime de soi,
  • mieux être,
  • lutte contre l’isolement créé par la maladie

Bienfaits de la pratique en général

De nombreuses études démontrent l’impact préventif de la pratique d’une activité sportive régulière pour diminuer le risque de développer un cancer. C’est la raison pour laquelle un plan national de prévention par l’activité physique ou sportive a été proposé : « Rapport préparatoire de la Commission Prévention, Sports et Santé (Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative) ».

L’activité physique et sportive : seul remède démontré contre la fatigue.

Contrairement à une idée reçue, la pratique d’une activité physique et sportive dans des conditions spécifiques d’encadrement ne rajoute pas la fatigue à la fatigue, mais permet de la diminuer.

La fatigue en cancérologie est le symptôme décrit par la quasi-totalité des patients. Elle affecte leur quotidien autant voire plus que la douleur. Cette fatigue est une sensation d’épuisement persistant qui ne cède pas au repos et peut perdurer de nombreuses années après l’arrêt du traitement. Elle est d’origine physiologique et a de nombreuses répercussions négatives :

  • altération de la qualité de vie,
  • diminution de l’activité physique, entraînant une diminution de résistance à la toxicité du traitement et à la fonte musculaire,
  • facteur d’isolement et de repli sur soi,
  • anxiété, troubles du sommeil et dépression,

Pour lutter contre ce type de fatigue, les options thérapeutiques sont limitées. L’activité physique a été scientifiquement reconnue comme la solution efficace pour lutter contre cette fatigue structurelle. De nombreuses études montrent une diminution significative du niveau de fatigue chez les patients porteurs d’un cancer et pratiquant une activité physique répondant à certains critères d’intensité et de fréquence.

Bibliographie

. Aquatias S., Arnal J. F., Rivière, D., Bilard, J., Callède, J. P., Casillas, J. M., … & Wendel-Vos, W. (2008). Activité physique: contextes et effets sur la santé.

· Gaspararini W., Knobe S.. (2013). La prescription médicale d’activité physique : quels effets sur la santé du strasbourgeois ? Analyse qualitative du rapport de la pratique des patients. ARS Alsace.

· Inserm : activité physique : contextes et effets sur la santé. Expertise collective. Ed. INSERM Paris 2008.

· INCa : fiche de repère : Activité Physique et Cancer. http://www.e-cancer.fr/Comprendreprevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Activite-physique

· Amendement 35 de la loi de santé de Marisol TOURAINE (10/04/2015) : « Dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une maladie de longue durée, le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient ».

Juillet 2015 – Dr André BELIARD – Médecin Coordonnateur – Onc’Oriant